TOITURE 41
Municipales
Un nouveau cycle pour
la commande publique
Les élections municipales de mars ont rebattu les cartes dans près de 35 000 communes françaises. Un renouvellement des équipes locales qui, au-delà de l’enjeu démocratique, marque toujours un moment charnière pour l’activité économique des territoires – et en particulier pour les entreprises du bâtiment. Car derrière les urnes, c’est bien la commande publique locale qui se redessine. Un enjeu majeur : selon la Banque des territoires et Intercommunalités de France, les collectivités représentent à elles seules 67 % de la commande publique, dont près de la moitié portée par les communes. En
2023, cela représentait environ 45 milliards d’euros d’achats publics locaux, dont une part significative dédiée aux bâtiments publics.
Mais ce cycle électoral intervient dans un contexte bien différent des précédents. Traditionnellement, les périodes pré- et post-municipales s’accompagnent d’un ralentissement temporaire des investissements, lié à la prudence des exécutifs sortants, puis au temps d’installation des nouvelles équipes. Un phénomène bien connu des entreprises, qui voient souvent leurs carnets de commandes se contracter avant de repartir. Cette fois, l’équation est plus complexe. Car au facteur politique s’ajoute une conjoncture économique sous tension : la capacité d’investissement des collectivités se dégrade sous l’effet de contraintes budgétaires accrues et de ressources en baisse. La Cour des comptes évoque ainsi un ralentissement net de l’investissement local, lié à cette situation financière instable.
Pour les professionnels de la construction, ces évolutions ne sont pas anodines. Les travaux sur les bâtiments publics – écoles, équipements sportifs, patrimoine communal – constituent une part importante de l’activité. Or ces opérations figurent parmi les premières variables d’ajustement en période de tension budgétaire. Autre évolution non négligeable : la transformation de la commande publique elle-même. Face à la complexité croissante des marchés et au manque de moyens internes, la tendance serait à la mutualisation, voire à la professionnalisation des achats à l’échelle intercommunale. Un changement qui pourrait, à terme, structurer davantage les marchés, mais aussi en modifier l’accès pour les PME et les entreprises artisanales.
Faut-il pour autant anticiper un recul durable ? Rien n’est moins sûr. Car ces municipales ouvrent aussi un nouveau cycle d’investissement, avec des équipes élues pour six (voire sept) ans et incitées à lancer rapidement leurs projets. Les possibilités sont nombreuses : rénovation énergétique, entretien du patrimoine, adaptation climatique, mise aux normes des bâtiments publics... Autant de chantiers pour lesquels les entreprises de couverture peuvent faire valoir leurs atouts, tant la toiture demeure encore et toujours un poste stratégique.
Brice Alexandre Roboam
