TOITURE 40
La formation,
un enjeu de taille
Le métier de couvreur, traditionnel mais en constante évolution, se trouve aujourd’hui à la croisée de plusieurs défis. Les techniques et matériaux se modernisent, les exigences en matière de performance énergétique s’intensifient, et les chantiers se complexifient. Dans ce contexte, la formation n’est plus un simple passage obligé : elle devient la clé permettant d’assurer la qualité et la durabilité des interventions sur les toits de demain. Pourtant, la profession fait face à une réalité criante : le manque de main-d’oeuvre qualifiée. Attirer de nouvelles générations et maintenir un haut niveau de compétences sur le terrain sont devenus des enjeux prioritaires.
Heureusement, les dispositifs de formation se diversifient. Les CAP et BP traditionnels constituent toujours le socle de l’apprentissage, complétés par des parcours en alternance dans les CFA et les Greta qui permettent d’allier théorie et pratique. Les établissements spécialisés comme l’École supérieure de couverture d’Angers, l’Éco-Campus du bâtiment - Grand Paris ou encore l’École du toit, développée avec succès par Asturienne, offrent un enseignement très concret, directement lié aux besoins des chantiers contemporains. Les Compagnons du Devoir et du Tour de France restent quant à eux des références incontournables, proposant un apprentissage itinérant exigeant et complet où rigueur, savoir-faire et transmission du geste se conjuguent.
Par ailleurs, la formation ne se limite plus aux jeunes entrant dans le métier. La reconversion professionnelle connaît un essor notable : des artisans venus de corps de métier différents, des sans-emplois qualifiés ou des salariés en quête d’une autre vie
trouvent dans la couverture l’opportunité d’intégrer une profession porteuse, technique et durable. Les initiatives pour accueillir ces profils se multiplient : parcours adaptés,
financement via le CPF, tutorat sur le terrain, sessions intensives dédiées aux techniques de base ou aux innovations récentes. Enfin, les efforts pour dynamiser la formation passent aussi par la formation continue : perfectionner ses compétences relatives aux nouveaux matériaux, maîtriser les systèmes photovoltaïques intégrés ou encore comprendre les enjeux de l’étanchéité et de l’isolation avancée sont désormais des impératifs pour rester compétitif et sécuriser ses chantiers. Les fabricants, les fédérations professionnelles et les organismes de formation jouent un rôle central dans cette dynamique, en proposant des modules pratiques et adaptés aux réalités du terrain.
Former, perfectionner, transmettre, accompagner les reconversions… autant de leviers pour renforcer l’attractivité de la profession, assurer la qualité des interventions et
pérenniser un métier qui façonne l’identité de nos paysages.
Brice Alexandre Roboam
