Toiture n°34
Parce que ça n’arrive pas qu’aux autres !
Faire prendre conscience des risques est l’une des principales missions de l’OPPBTP, l’organisme de prévention destiné aux professionnels du bâtiment. C’est donc en toute logique qu’il lutte depuis de nombreuses années contre l’un des plus graves accidents que l’on puisse rencontrer dans le secteur : les chutes de hauteur. Dix ans après le lancement de la vaste campagne nationale « Travaux en hauteur, pas droit à l’erreur », différentes institutions se sont engagées pour donner une nouvelle impulsion à la prévention à travers l’opération « Parce que ça n’arrive pas qu’aux autres ! ».
Lancée par l’OPPBTP à la mi-mai avec le soutien du ministère du Travail, de la Cnam, des services de prévention et de santé au travail (BTP et interprofessionnels), et de la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL), cette nouvelle campagne de communication sera principalement axée sur « le facteur humain [pour] faire prendre conscience des conséquences personnelles et professionnelles des chutes de hauteur et démontrer qu’il est systématiquement possible de travailler en hauteur en sécurité ». Dans la volonté affirmée de provoquer un déclic, elle se fonde sur des témoignages parlants et des vidéos chocs, notamment un court-métrage de sept minutes et des podcasts.
Car même si, au terme d’une décennie, le laborieux travail de sensibilisation commence enfin à porter ses fruits, les chiffres restent éloquents : accidents de la route mis à part, les chutes de hauteur sont la première cause d’accidents graves ou mortels dans le BTP. En 2021, elles étaient la cause de 24 décès selon le rapport annuel de l’Assurance maladie ; plus de 4 500 accidents du travail ont été recensés cette même année pour le secteur de la couverture, les chutes de hauteur représentant environ 17 % des accidents ayant entraîné quatre jours d’arrêt minimum, et surtout 26 % des nouvelles incapacités permanentes.
L’outil de recueil de données de l’OPPBTP a d’ailleurs permis d’établir le profil de la victime type : un opérateur d’une TPE-PME qui chute de moins de trois mètres de haut lors d’une intervention sur un chantier de rénovation pour un particulier. En règle générale, une chute de hauteur sur deux est liée à une rupture de toiture ou à un défaut de protection collective.
Les causes sont donc connues, la gravité des conséquences également, et les victimes identifiées avant même l’accident… L’effort de prévention n’a jamais semblé aussi indispensable
Brice Alexandre Roboam
