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Toiture n°32

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mars 2024

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Toiture n°32

TOITURE N°32 DÉCEMBRE 2023 - JANVIER 2024 - FÉVRIER 2024

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Édito

Toiture n°32

MaPrimeRénov’: primes et déprime

 

Nouvelle année et nouvelle version pour MaPrimeRénov’. Or la mouture 2024 de l’aide destinée aux particuliers pour la rénovation énergétique de leur logement, entrée en vigueur le 1er janvier, est loin de faire l’unanimité. Pourtant, le gouvernement affiche les moyens de ses ambitions : un financement augmenté de 1,6 milliard d’euros (soit désormais 5 milliards au total), avec l’objectif officiel de 200 000 logements rénovés durant 2024.

Mais les nouvelles conditions annoncées – qui s’ajoutent aux difficultés déjà très largement soulignées ces dernières années – ne vont satisfaire ni les particuliers ni les professionnels. Paradoxal, alors même que l’aide financière est censée faciliter l’accès aux rénovations pour les particuliers, et par ricochet donner du travail aux artisans du bâtiment ! La Capeb est d’ailleurs récemment montée au créneau, jugeant le dispositif distribué par l’Agence nationale de l’habitat (Anah) « inopérant ».

Côté client final, les critiques volent en escadrille : plateforme Internet capricieuse, montage de dossier kafkaïen, accompagnement aléatoire… Selon nos confrères d’Ouest France, plus de 1 400 réclamations visant le portail en ligne ont été recensées en deux ans par la Défenseur des droits Claire Hédon. Et surtout, au-delà de l’aspect pratico-pratique, ce sont les montants des aides qui posent problème, avec des restes à charge souvent beaucoup trop élevés pour les particuliers dans le cas de travaux d’ampleur.

Un écueil majeur, face auquel le gouvernement se livre à un total contrepied : soucieux, dans sa chasse aux passoires thermiques, d’optimiser les rénovations, il donne cette année la priorité aux projets ambitieux. Entendant ainsi éviter que les propriétaires bénéficient des aides sur un seul poste de travaux, et privilégier les chantiers plus conséquents cumulant les points de rénovation. Exemple : des travaux d’isolation ne pourront être subventionnés que s’ils sont accompagnés d’un changement de système de chauffage ou de travaux de ventilation, etc.

Et les incohérences ne s’arrêtent pas là. Car pour bénéficier de ces primes, les particuliers doivent obligatoirement faire appel à des entreprises qualifiées RGE. Une qualification complexe et chronophage à obtenir pour des artisans souvent débordés, à tel point que le nombre de certifiés RGE diminue avec les années. Alors qu’ils étaient plus de 65 000 en 2022, on n’en compte aujourd’hui que 61 000 selon l’Ademe. Un réel problème logiquement soulevé par la Capeb, qui en appelle au bon sens du gouvernement pour que les travaux puissent être réalisés par d’autres artisans – sous couvert d’un contrôle et d’un certificat de conformité à la fin du chantier. Une idée à creuser pour nos gouvernants… Rappelons que le nombre de projets ayant bénéficié de MaPrimeRénov’ en 2023 s’élève à environ 90 000. L’objectif des 200 000 semble donc pour le moins utopique !

Brice Alexandre Roboam