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Couverture de Toiture n°25
N° 25

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Il est rare que le « je » soit le pronom le plus utilisé lors de la rédaction d’un magazine. Moi-même, je n’en abuse guère dans mes éditos, tentant le plus souvent d’exposer une situation, un fait qui mérite un…

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Édito

L'édito du n°25

3 min de lecture

IIl est rare que le « je » soit le pronom le plus utilisé lors de la rédaction d’un magazine.

Moi-même, je n’en abuse guère dans mes éditos, tentant le plus souvent d’exposer une situation, un fait qui mérite un argumentaire particulier, voire un questionnement – mais sans jamais mettre ce « je » en avant, en essayant toujours de conserver une certaine distance, sans infliger au lecteur une prise de position pouvant paraître tantôt péremptoire, tantôt politique, parfois les deux.

Je vais, pour une fois, déroger à cette règle tacite. Et appuyer mon plaidoyer du jour sur une expérience personnelle. Voici peu, des proches ont fait appel à une entreprise de couverture pour effectuer quelques rénovations sur leur demeure : un bel hôtel particulier du XVIe siècle, dont les toitures sont inscrites au titre des monuments historiques. Un chantier de restauration de patrimoine tout ce qu’il y a de plus classique, mais qui aurait bien pu remplir la colonne faits divers du journal local en plus de la rubrique nécrologie.

Car en plein travail, à plusieurs dizaines de mètres de hauteur, le pied d’appui du couvreur (et dirigeant de l’entreprise) a glissé, entraînant bien sûr tout le reste de son corps… qui n’était pas attaché. Mais miracle il y a eu. Dans un sursaut de lucidité probablement dû à l’instinct de survie, l’homme s’est miraculeusement rattrapé à la gouttière en fin de glissade pour éviter une chute qui lui aurait sûrement été fatale…

Ce qui nous amène au sujet principal de ces lignes : les chutes de hauteur. Comme chaque année, l’Assurance maladie a publié les chiffres de sinistralité pour l’exercice précédent, à grands coups d’accidents du travail et de maladies professionnelles. Bonne nouvelle : du fait des différents confinements, le nombre total d’accidents a connu une diminution de 17,7 % en 2020 par rapport à 2019, pour passer en dessous de 540 000 accidents. Mauvaise nouvelle : les chutes de hauteur représentent toujours 12 % d’entre eux. Certes, c’est beaucoup moins que les manutentions manuelles, qui constituent à elles seules la moitié du nombre total d’accidents répertoriés, mais les chutes de hauteur ont pour mauvaise habitude d’être particulièrement radicales, provoquant décès ou incapacité totale.

Elles sont tout bonnement la deuxième cause de mortalité au travail derrière les accidents de la route, et la troisième cause d’invalidité permanente.

Bien sûr, le secteur du bâtiment n’entre que pour une faible part dans ces statistiques globales, mais compte tenu de la gravité du sujet, il n’y a pas de petits chiffres. D’autant que, dans le BTP, les chutes de hauteur (16 % des accidents du travail du bâtiment) passent en tête des causes de mortalité avec 30 % des décès. Pour rappel, selon la Direction générale du travail, 318 chutes de hauteur graves ont été déplorées en 2018 dans le secteur du bâtiment, pour 49 décès. En 2017, c’était 45 morts ; en 2016, 53. Une désespérante stagnation, alors que les instances et autres organismes (OPPBTP, INRS, Iris ST, Cnamts…) font leur possible pour sensibiliser les professionnels aux risques encourus. Et même s’ils se déplacent de plus en plus en entreprise pour promouvoir la prévention auprès des couvreurs, ils ne peuvent pas vérifier chaque point d’ancrage, chaque trémie, chaque harnais à VOTRE place.

Ma profession m’amène à rencontrer beaucoup d’entre vous, à visiter de nombreux chantiers… et rares sont les fois où les conditions de sécurité sont respectées. Trop rares.

Alors oui, toutes ces protections individuelles et collectives sont contraignantes. Mais elles seront toujours moins lourdes qu’une dalle de marbre gravée trop tôt.

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