
Le fort Saint-Nicolas, à Marseille (13).
Trois décennies au service du patrimoine vivant et une année exceptionnelle pour la Fondation du patrimoine, qui affiche de très bons résultats sur l’exercice 2025.
Depuis sa création voilà trente ans, la Fondation du patrimoine s’est imposée comme un acteur incontournable de la sauvegarde et de la valorisation du patrimoine français. Son action s’étend bien au-delà des monuments emblématiques pour embrasser l’ensemble des édifices patrimoniaux, qu’ils soient protégés ou non au titre des monuments historiques. En 2025, la Fondation a franchi un nouveau cap, consolidant sa position de premier acteur privé de la préservation du patrimoine et traduisant l’engagement croissant des Français dans la sauvegarde de leur histoire.
L’année 2025 marque un tournant, avec un montant total de ressources mobilisées de 168,7 millions d’euros, dont 112,4 millions hors opérations exceptionnelles, soit une augmentation de 32 % par rapport à 2024. Cette croissance s’inscrit dans une dynamique plus longue : depuis 2017, les ressources de la Fondation (hors Notre-Dame de Paris) ont été multipliées par 3,5. Les collectes de dons ont généré 32,7 millions d’euros, portées par 105 526 contributions : une hausse de 22 % sur un an. Ces collectes ont permis d’accompagner 2 212 projets en 2025, et plus de 46 300 depuis la création de l’institution.

Le mécénat, moteur essentiel des projets de restauration, continue également de progresser. Hors ressources exceptionnelles, il a atteint 15 millions d’euros, en hausse de 18 % par rapport à l’année précédente. Plus de 2 900 entreprises mécènes, de toutes tailles et implantées sur l’ensemble du territoire, ont contribué à cette dynamique, renforçant l’impact territorial et social des actions menées.
Cette mobilisation se traduit aussi par l’engagement des bénévoles. En 2025, la Fondation a enregistré 1 385 bénévoles actifs, soit une augmentation de 26 % par rapport à 2024. Ils interviennent dans la collecte de dons, l’animation de sites patrimoniaux et la sensibilisation du grand public. Le réseau des jeunes se développe également, avec 76 recrues âgées de moins de 35 ans. L’objectif est d’atteindre 2 000 bénévoles d’ici à 2027.
La Fondation du patrimoine ne se limite pas à la collecte de fonds : elle déploie aussi des programmes spécifiques pour répondre aux besoins variés du bâti français. En 2025, plusieurs actions ont illustré cette diversité.
Rocamadour-musique sacrée : cette initiative dédiée au patrimoine musical liturgique a permis d’organiser 19 concerts dans des sites religieux restaurés grâce à des dons. Près de 3 600 spectateurs ont assisté à ces événements, combinant promotion culturelle et valorisation du patrimoine.
Programme patrimoine juif : avec le soutien de la Fondation Edmond J. Safra, il vise à préserver et à mettre en valeur les édifices religieux et civils de la communauté juive, témoins d’histoire et de mémoire.
Éco-restauration : pour répondre aux enjeux environnementaux et énergétiques, la Fondation soutient des résolutions visant l’amélioration de la performance thermique du bâti et la préservation de la biodiversité. En 2025, 15 projets ont bénéficié d’un financement total de 540 000 euros.
Fondation Terres d’eau : créée par Voies navigables de France sous l’égide de la Fondation du patrimoine, elle est dédiée à la protection du patrimoine bâti et naturel des fleuves, rivières et canaux.
En parallèle, la Fondation poursuit son rôle d’incubateur d’innovations patrimoniales, avec des expérimentations comme Sésame Patrimoine, un dispositif de serrures connectées visant à sécuriser l’entrée dans les édifices religieux tout en facilitant leur ouverture au public. Cette initiative répond à un double enjeu : la protection contre les vols et dégradations, et l’amélioration de l’accès pour les visiteurs. Sans oublier le lancement, lors des Journées du patrimoine, du nouvel Observatoire du patrimoine non protégé (voir page 34).
La Fondation agit sur l’ensemble du territoire français. Avec 21 délégations régionales et 100 délégations départementales, elle accompagne les collectivités, les propriétaires privés ainsi que les associations dans leurs projets de restauration et de valorisation. Ses 6 719 adhérents, dont 4 571 localités, représentent 12,7 % des communes françaises, témoignant de l’ancrage territorial de l’action patrimoniale.
Et les sites soutenus ne se limitent évidemment pas aux monuments emblématiques. L’institution appuie aussi des édifices de proximité souvent fragiles : théâtres, églises de villages, moulins, ponts, lavoirs ou maisons de caractère... Leur préservation contribue à l’attractivité des territoires, au développement économique local et au maintien du lien social, particulièrement dans les zones rurales.
En 2025, l’organisme a mené à bien 103 projets dans le cadre du soutien aux dépenses d’ingénierie de prévention des risques, incluant des études préalables, des diagnostics, le recrutement de maîtres d’œuvre et l’assistance à la maîtrise d’ouvrage, pour un montant global atteignant 1,9 million d’euros. L’ensemble des projets soutenus en France représente un coût total estimé à 1,6 milliard d’euros, soulignant l’ampleur et l’envergure de l’action menée.
L’année 2025 a également été marquée par la fin de l’avantage fiscal exceptionnel de 75 % sur l’impôt sur le revenu pour les collectes en faveur du patrimoine religieux des villages. Cette mesure avait permis de réunir plus de 30 millions d’euros versés par plus de 100 000 donateurs. L’impact de cette initiative illustre la force du mécénat fiscal dans la mobilisation des citoyens et la réalisation concrète de travaux sur le terrain.
Après de si bons résultats, quid de la suite ? La Fondation du patrimoine se projette dans l’avenir avec une feuille de route articulée autour de trois axes :
Transmettre : partager le goût du patrimoine et de l’engagement à travers le renforcement du réseau de bénévoles et des missions de nature éducative ou événementielle.
Ouvrir : faciliter l’accès du patrimoine au grand public et aux visiteurs grâce à des actions innovantes et à des outils de médiation adaptés.
Partager : valoriser le patrimoine comme moteur culturel et économique des territoires, avec des programmes dédiés aux théâtres et à d’autres édifices emblématiques de la vie locale.
Ces axes s’accompagnent de plusieurs objectifs ambitieux : soutenir la croissance du réseau de bénévoles, renforcer l’impact territorial et multiplier les initiatives culturelles et éducatives. La Fondation entend ainsi continuer à mobiliser tous les acteurs du patrimoine – citoyens, collectivités, entreprises et mécènes – autour d’une ambition commune : protéger et transmettre un patrimoine vivant, actif et accessible à tous.
Ressources totales (hors ressources exceptionnelles) : 112,4 millions d’euros, soit + 9 % par rapport à 2024.
Ressources totales (y compris ressources exceptionnelles) : 168,7 millions d’euros, soit + 32 % par rapport à 2024.
Montant mobilisé par les collectes de dons : 32,7 millions d’euros, soit + 22 % par rapport à 2024.
Nombre total de dons : 105 526 (+ 27 % par rapport à 2024).
Don médian : 100 euros.
Nombre d’entreprises mécènes : 2 953 (+ 27 % par rapport à 2024).
Nombre d’adhérents : 6 719, dont 4 571 localités (soit 12,7 % des communes françaises).


