Interview : Franchisé Attila : plus qu’un métier, un choix

Interview : Franchisé Attila : plus qu’un métier, un choix

JEUNE CHEF D’ENTREPRISE DE 29 ANS, XAVIER SIMONIN S’EST LANCÉ DANS LA MAINTENANCE DE TOITURES EN OUVRANT SON AGENCE RÉGIONALE ATTILA À BESANÇON EN AVRIL DERNIER. RETOUR SUR UN PARCOURS HORS DU COMMUN.

Xavier Simonin 

© Attila-Xavier Simonin

 

L’agence de Xavier Simonin a pris ses quartiers dans le nord de Besançon

© Attila-Xavier Simonin

 

Xavier, la toiture ça ne s’improvise pas ; quel est votre parcours ?

Je suis natif de Franche-Comté. J’ai fait mes études dans la région, notamment une licence en gestion d’entreprise à l’université de Besançon. Mon oncle était charpentier-couvreur, et depuis l’enfance je suis attiré par le monde du bâtiment. J’ai cependant fait partie de la génération pour laquelle les métiers manuels restaient assez dévalorisés, et que l’on a poussée à faire des études plus longues. Mais j’ai ainsi pu acquérir d’autres compétences, et surtout développer la volonté de créer ma propre structure.

Hormis la relation familiale, vous n’avez pas eu d’autres expériences dans le monde du bâtiment ?

Si, heureusement. Pendant mes études, j’ai travaillé pendant quelque temps chez Castorama comme conseiller de vente, en job étudiant. À la fin de mon cursus, ma licence en poche, le directeur du magasin de Besançon où j’officiais a cru en moi et m’a donné ma chance. J’ai tout de suite signé un CDI en tant que chef de secteur.

Secteur couverture ?
Perdu [rires] ! En aménagement intérieur de la maison. C’est l’un des plus gros secteurs dans tous les magasins de bricolage, et Castorama ne fait pas défaut. Je suis passé de petit étudiant conseiller de vente à devoir chapeauter des chefs de rayon (et donc mes anciens chefs !) et mes anciens collègues conseillers… Une grosse étape, mais dont je me suis senti tout à fait capable. Il faut dire que pour le côté management et organisationnel, la GSB est une excellente école.

Pendant combien de temps avez-vous travaillé en GSB ?
J’ai passé cinq années au Castorama de Besançon, puis deux ans dans celui de Dijon.

 

Les véhicules, principal poste d’investissement lors de l’installation.

© Attila-Xavier Simonin

Pourquoi avoir changé de domaine ?
La GSB a beaucoup évolué ces dernières années, et, pour être complètement honnête, dans un sens qui ne me correspond plus vraiment. J’avais des incertitudes, notamment sur la pérennité de ce type d’emploi, mais je savais que je voulais rester dans le bâtiment. L’artisanat était toujours dans un coin de mon esprit, de même que la volonté de monter mon entreprise. Plus que jamais. Le souci, c’est que je n’ai jamais trouvé LA bonne idée me permettant de lancer un projet. C’est la raison pour laquelle je me suis tourné vers le concept de franchise, avec Attila.

Les franchises sont nombreuses. Pourquoi Attila plus qu’une autre ?
L’agence Attila de Dijon est implantée à une centaine de mètres du Castorama. J’ai vu passer le camion plusieurs fois et j’ai fini par me renseigner. Les notions d’amélioration de l’habitat et de durabilité m’ont bien plu. Et l’aspect marketing du site Internet m’a donné envie. J’ai contacté les dirigeants d’Attila et ils m’ont proposé de participer à la journée d’intégration. J’y suis allé sans grandes ambitions, j’en suis ressorti emballé, mon projet en tête.

J’ai pu apprécier des expériences très enrichissantes

Quelles sont les étapes d’une ouverture d’agence ?
J’ai tout d’abord rencontré de nombreuses personnes du groupe, afin de cerner mon projet et d’entamer les démarches. J’ai ensuite passé quelque temps en immersion dans deux agences, à Reims et à Anglet. C’est moi qui ai choisi les villes : la première par facilité géographique, et la seconde pour essayer de m’éloigner le plus possible de mes bases. Surtout, j’ai pu apprécier deux façons de travailler très différentes en fonction des spécificités régionales, une expérience très enrichissante. J’ai ensuite eu des contacts avec des gérants d’agence dont le profil se rapproche du mien, à Caen et à Beauvais. Et nos similarités n’ont fait que confirmer mes attentes grandissantes. Enfin, j’ai passé un ultime entretien téléphonique avec Benoît Lahaye, créateur du réseau Attila, pour valider l’ensemble.

Avant et après l’intervention d’Atilla Besançon

© Attila

 

L’aspect financier ?
Il faut apporter au minimum 60 000 euros pour pouvoir ouvrir une agence Attila, de façon à assurer les nombreux premiers frais.

Quels sont ces premiers frais ?
Trois points principaux : les locaux, l’équipement, et surtout les salaires. L’avantage du réseau, c’est qu’un animateur vous accompagne tout au long du processus – et même encore maintenant, six mois après ! Concernant les locaux, je lui ai soumis une dizaine de sites et nous en avons sélectionné et contrevisité trois avant d’opter pour l’actuel, dans le nord de Besançon près de la sortie de l’autoroute. Une fois le local choisi, l’aménagement se fait selon le format des autres agences Attila : une partie bureau et une partie atelier. Au niveau des équipements, le plus onéreux se résume à l’outillage, aux équipements de sécurité, et surtout aux véhicules, camion et nacelle. Enfin, il faut pouvoir assumer les salaires des trois employés qui ont démarré l’aventure avec moi fin avril.

Quels sont les profils de vos collaborateurs ?
Premièrement, nous avons une assistante commerciale qui gère la prospection ainsi que la partie digitale, primordiale de nos jours. Notre force vive sur les toits se composait dès le début de deux opérateurs, un couvreur et un étancheur, de respectivement 48 et 35 ans. Sans être à l’aube de la retraite, ils disposent tous les deux d’une solide expérience dans leur domaine, ce qui est un vrai plus. J’ai surtout eu la chance de pouvoir recruter un profil de chaque en étanchéité et en couverture, ce qui n’est pas toujours simple. L’un était sans emploi, tandis que l’autre a choisi de quitter son employeur d’alors pour des questions de sécurité sur chantier. Un point au contraire primordial chez nous !

L’agencement est similaire à celui des autres agences Attila.

© Attila-Xavier Simonin

Et après six mois, envisagez-vous de nouveaux recrutements ?
C’est tout récent, un troisième technicien nous a rejoints la deuxième semaine d’octobre. Ancien maçon, il a profité du programme 210 H initié par Attila avec Pôle Emploi pour la reconversion professionnelle dans les métiers du bâtiment. Il a suivi une formation de six semaines dans un centre de formation Attila dédié, et va désormais pouvoir nous aider à répondre à la demande,
qui grandit de jour en jour.

Le marché aux alentours de Besançon dispose-t-il d’un fort potentiel ?
C’est certain ! La maintenance de toiture reste une problématique relativement nouvelle dans le sens où les décideurs y sont enfin sensibilisés. Les conditions climatiques propres aux régions sont un point facile à vérifier : il pleut beaucoup à Besançon, ce qui induit des mousses et des lichens qui se développent plus facilement, et donc un besoin d’entretien régulier ; ce n’est pas plus compliqué que cela parfois ! Une étude de marché poussée a été réalisée par Attila en amont de mon projet : ils me l’ont soumise, et c’était à moi de prendre la décision finale, à savoir « je me lance, ou pas ? », avec le résultat que vous connaissez. Le nord de Besançon dispose d’un potentiel de 7 000 toitures d’entreprise, tandis que l’ensemble du territoire national est découpé en 300 secteurs environ. Les pros sont notre cible principale, à hauteur de 80 % de nos opérations. Les 20 % restants sont les particuliers, mais il s’agit là uniquement d’opportunités, par le bouche-à-oreille notamment. Nous ne les démarchons pas directement, le B to B est très différent du B to C.

Et en termes de chantier ?
Nous faisons plus souvent des réparations que de l’entretien. Avec un ratio de l’ordre de 70/30 environ.

Vous-même, vous montez sur les toits ?
Bien sûr ! C’est moi qui fais la première approche. Je réalise le diagnostic et le devis. Une fois ceux-ci validés, ce sont les techniciens qui prennent le relais. Malgré votre formation, vous n’étiez pas un spécialiste en couverture au début… Effectivement, et c’est encore là que l’accompagnement orchestré par Attila prend tout son sens. Pour certains chantiers où l’on ne se sent pas très à l’aise, le service technique du réseau apporte son expérience et son analyse. Par exemple, pour des situations très particulières autour de l’amiante ou de problèmes d’étanchéité, où les protocoles doivent être très méthodiques, l’accompagnement était nécessaire. Au démarrage, c’est une aide extrêmement précieuse. Mais déjà, au bout de six mois, je me sens nettement plus en confiance sur des sujets où je ne l’étais pas avant l’été.

Établir une relation pérenne avec mes clients en proposant des solutions au cas par cas

Un ordre d’idée chiffré depuis votre démarrage ?
Nous en sommes à environ 100 000 euros de chiffre d’affaires [lors de la rédaction de cet article, ndlr]. Selon le prévisionnel annoncé, nous sommes dans la bonne dynamique. Et nous serons peut-être même un peu au-dessus en fin d’année – mais je ne veux pas trop m’avancer pour le moment. Le concept de franchise apporte surtout beaucoup de sérénité : on gagne une à deux années de développement – et donc de stress – par rapport à une entreprise en nom propre.

Un dernier mot à propos de votre expérience ?
Ce qui m’a attiré dans ce réseau, ce sont surtout les valeurs humaines. Cette idée de proposer des services relatifs à la durabilité entre complètement dans l’air du temps. Surtout, pour caricaturer, je ne suis pas là à vendre des aspirateurs à mes clients : évidemment j’ai des objectifs à réaliser, mais j’essaie de les faire payer le moins possible, d’établir une relation pérenne en trouvant une solution optimisée au cas par cas. Faire en sorte que le client ait plaisir à nous remercier lors de la facture. Un exemple est plus parlant que de longs discours : après un chantier bien mené, un client est repassé à l’agence offrir à l’équipe des bouteilles de champagne… non seulement il paye la facture, mais en plus il nous fait des cadeaux, si ça ce n’est pas une belle histoire !

Propos recueillis par Brice-Alexandre Roboam